

La médiation sociale est aujourd’hui largement reconnue comme un mode efficace de résolution des tensions et de mise en relation entre les populations des quartiers et les institutions. Depuis l’apparition des premières actions de médiation de « femmes-relais » à la fin des années 1980 à Amiens, Grenoble, Montfermeil ou Marseille, les fonctions qui se revendiquent de la médiation sociale se sont beaucoup développées, avec un soutien important de l’État, via notamment le dispositif adultes-relais (4 200 postes sont financés par l’Acsé dans le cadre de ce dispositif).
Une définition du métier a été adoptée, en 2000, lors du séminaire européen organisé par la DIV : "La médiation sociale est un processus de création et de réparation du lien social et de règlement des conflits de la vie quotidienne, dans lequel un tiers impartial et indépendant tente, à travers l’organisation d’échanges entre les personnes ou les institutions, de les aider à améliorer une relation ou de régler un conflit qui les oppose". Cette définition la spécifie et la distingue des médiations institutionnelles dans le domaine judiciaire (médiation pénale et médiation familiale) ou des médiations conventionnelles parfois pratiquées en libéral (notamment dans les domaines de la négociation commerciale et/ou des conflits du travail).
Bien qu’il soit difficile de les quantifier avec exactitude, on peut estimer aujourd’hui à 12 000 le nombre d’emplois existants : médiateurs socio-culturels, correspondants de nuit, agents d’ambiance, etc.), recouvrant différents secteurs d’intervention (habitat, transports, santé, éducation, tranquillité publique, intervention sociale, services à la population).
Du fait de leur développement récent, les fonctions de médiation sociale font l’objet d’une reconnaissance émergente au sein des métiers et cadres d’emploi existants. L’inscription partielle de la médiation sociale dans les répertoires nationaux des métiers (ROME et CNFPT) et la publication récente d’un guide d’évaluation de l’utilité sociale de la médiation sociale y ont contribué. Des progrès restent à accomplir pour garantir les conditions d’exercice de ces métiers dans un cadre cohérent, consolider l’action des médiateurs sur le terrain et répondre à leurs inquiétudes en leur assurant une véritable reconnaissance professionnelle. La médiation sociale constitue un secteur économiquement viable, au-delà des seuls emplois aidés par l’Etat. Les métiers de la médiation ont certes un coût supplémentaire par rapport aux métiers traditionnels (vigiles, gardiens…) mais leur valeur ajoutée en termes de qualité du service rendu a une valeur économique réelle. A la demande du ministre de la Ville, un groupe de travail a été mis en place, sous l’égide du Secrétariat général à la Ville, pour préparer la reconnaissance des métiers de la médiation sociale, identifier les problèmes à résoudre et faire des propositions. Durant l’année 2010, ce groupe a procédé à différentes auditions d’employeurs de médiateurs sociaux (élus, bailleurs, organismes gestionnaires de transports, fédérations nationales du champ social) et de représentants de ministères, organismes de formation et grands réseaux de médiation, afin de parvenir à une définition commune du métier, d’identifier le potentiel de développement des emplois et leur solvabilité.
Dix propositions ont ainsi pu être formulées, et sont susceptibles d’être mises en œuvre rapidement notamment s’agissant de : la définition du métier de la médiation sociale et des conditions de son exercice, la formation et la professionnalisation des médiateurs, le portage des emplois et leur financement, la valorisation des métiers et leurs perspectives de développement.
Adoptées par le CIV du 18 février 2011, les propositions suivantes visent à valoriser et à faire reconnaître le métier de la médiation sociale
Créer un observatoire de suivi permanent de l’évolution des emplois de la médiation sociale ;
Faire adhérer les employeurs et des services commanditaires de médiation sociale aux principes de la charte de la médiation sociale (signature par les deux parties : employeur, et service demandeur de la médiation sociale) ;
Réaliser un plan d’information et de valorisation du métier de la médiation sociale ;
Diffuser les analyses et les recommandations du groupe de travail sur la médiation sociale.
A cet effet, il est proposé que l’Inspection générale des affaires sociales et de l’Inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la Recherche soient saisies afin de :
dresser un état des lieux de la médiation sociale branche par branche (transports, logement, tranquillité publique, intervention sociale, éducation, santé…), en liaison avec les ministères concernés, et examiner, pour chacune d’entre elles, les potentiels de développement de ces emplois et les pistes de travail à mettre en œuvre ;
élaborer les conditions de mise en œuvre d’une filière de formation professionnelle spécifique à la médiation sociale, allant du niveau V au niveau II, et le développement de passerelles vers d’autres certifications.
Des expérimentations seront engagées dans un cadre territorial incluant des sites prioritaires de la politique de la ville et permettant d’accompagner la création d’emplois de médiation par la mise en place d’une ingénierie de formation et d’accompagnement adaptée.
Améliorer et garantir les conditions d’exercice du métier en modifiant l’intitulé de la filière « Animation » de la fonction publique territoriale en filière « Animation et médiation sociale » ; introduire l’inscription des diplômes de la médiation sociale dans le décret portant statuts particuliers des cadres d’emplois des animateurs territoriaux et des adjoints territoriaux d’animation.
Créer un tableau de concordance des diplômes pour faciliter la présentation aux concours de la fonction publique territoriale et leur reconnaissance par la commission nationale du CNFPT.
Expertiser la modification des fiches métiers du répertoire opérationnel des métiers et des emplois (ROME) relatives à la médiation sociale selon les préconisations du rapport en veillant à faire le lien avec les évolutions du répertoire des métiers territoriaux du CNFPT.
Favoriser la création de plateformes de mobilité professionnelle des médiateurs. En complément des plans de professionnalisation mis en place par l’Acsé depuis 2009 qui concernent prioritairement la formation des adultes-relais, cette expérimentation vise plus précisément la mobilité professionnelle des médiateurs sociaux et le placement dans l’emploi.
Engager une expérimentation d’une plateforme en PACA (Bouches-du-Rhône) mise en œuvre par l’association Insertion emploi formation (IEF)
Évaluer la pertinence de ce type de plateforme selon un processus d’évaluation sur deux ans.
La charte de référence de la Médiation sociale (2001)
http://i.ville.gouv.fr/reference/28...
Documents médiation sur I-ville
http://i.ville.gouv.fr/document/lis...
Film de présentation de la médiation sociale réalisé par le réseau France Médiation
http://www.francemediation.fr/index...
Depuis quelques années, plusieurs travaux, accompagnés par le SG-CIV, ont démontré l’utilité sociale et la pertinence économique de la médiation sociale :
> Evaluation de l’utilité sociale de 5 structures (2008) http://i.ville.gouv.fr/reference/40...
> Le Guide de l’utilité sociale de la Médiation Sociale (2009) http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/Gu...
> Évaluation des actions de proximité des médiateurs de santé publique et de leur formation dans le cadre d’un programme expérimental mis en œuvre par l’IMEA (Institut de Médecine et d’Epidémiologie Appliquée), le ministère de la Santé et des Solidarités, juillet 2006, 138 p. http://www.cfmsp.org/spip.php?article15
Depuis plus de vingt ans, la politique de la ville a largement contribué à faire reconnaitre les métiers de la médiation sociale qui se sont structurés en réseaux.
> France Médiation http://www.francemediation.fr/
> La fédération des femmes-relais de Seine-Saint-Denis http://www.professionbanlieue.org/c...
> L’union des Pimms http://www.pimms.org/weblib/page.jsp